Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil d’investissement personnalisé. Les montants, aides et délais mentionnés sont des moyennes constatées pouvant varier selon votre situation. Consultez un expert-comptable ou installateur certifié pour une étude adaptée.
Votre facture électrique a encore grimpé de 15 % cette année. Les commerciaux solaires vous promettent 70 % d’économies et un retour sur investissement en cinq ans. Soyons honnêtes : ces chiffres sont rarement atteignables. Ce que je vois sur le terrain en Occitanie, c’est plutôt 40 à 55 % d’économies réelles et un amortissement entre 7 et 10 ans. La différence ? Elle tient dans les détails que personne ne vous explique avant la signature.
L’essentiel sur l’investissement solaire pro en 30 secondes
- Coût réel : comptez 2 000 à 2 500 €/kWc installé pour une PME
- Retour sur investissement : 7 à 10 ans selon votre profil de consommation
- Tarif rachat surplus : 95 €/MWh jusqu’à fin juin 2025
- Délai projet complet : 6 à 8 mois du premier contact à la mise en service
- Condition sine qua non : installateur certifié RGE pour toucher les aides
Points clés abordés
Rentabilité réelle : ce que les commerciaux ne vous disent pas
J’ai accompagné une dizaine de dirigeants de PME l’an dernier. Tous avaient reçu des devis promettant 80 % d’autonomie énergétique. Aucun n’a atteint ce chiffre. Le problème ne vient pas des panneaux — ils fonctionnent très bien. Le problème, c’est le décalage entre vos heures de production et vos heures de consommation.
Selon l’analyse 2025 de l’ADEME, le coût de production d’une installation de 3 à 9 kWc oscille entre 13 et 19 centimes par kWh. Comparez ça aux 25 centimes environ que vous payez à votre fournisseur. L’économie existe bel et bien — mais elle dépend de ce que vous consommez pendant que le soleil brille.

54%
de croissance des installations entre 2023 et 2024
Cette croissance spectaculaire cache une réalité plus nuancée. Dans les installations professionnelles que j’ai pu analyser en Occitanie, je constate fréquemment un écart entre la production attendue et la réalité. L’erreur la plus répandue ? Un dimensionnement basé sur une facture annuelle moyenne sans prendre en compte les pics de consommation. Ce constat est limité à mon périmètre, mais il explique des taux de couverture de 25-30 % au lieu des 50-60 % promis.
3 cas où les panneaux solaires ne sont PAS rentables pour votre entreprise
- Activité principalement nocturne : boulangeries, restaurants du soir, entrepôts logistiques de nuit. Vous produisez quand vous ne consommez pas.
- Toiture inadaptée : orientation nord, ombrage important, structure ne supportant pas le poids. Le surcoût de renforcement peut tuer la rentabilité.
- Consommation trop faible : si votre facture annuelle est inférieure à 8 000 €, le retour sur investissement dépasse souvent 12 ans.
Mon avis (qui n’engage que moi) : avant de signer quoi que ce soit, exigez une simulation basée sur vos courbes de charge réelles, pas sur une moyenne annuelle. Cette liste n’est pas exhaustive — chaque cas mérite une étude personnalisée.
Quel dimensionnement pour votre profil d’entreprise
Je ne vais pas vous mentir : le bon dimensionnement, c’est 80 % de la réussite d’un projet solaire. Trop petit, vous n’amortissez jamais les frais fixes. Trop grand, vous produisez du surplus que vous revendez à perte par rapport à ce que vous auriez pu autoconsommer.
Autoconsommation ou revente : quelle option pour votre entreprise ?
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Consommation principalement diurne (industrie, artisanat) :
Autoconsommation avec vente du surplus. C’est le modèle que je recommande dans 70 % des cas.
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Consommation nocturne dominante (restauration soir, logistique nuit) :
La revente totale était pertinente, mais elle a été supprimée pour les installations ≤ 9 kWc depuis mars 2025. Étudiez le stockage batterie ou renoncez.
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Consommation très irrégulière (saisonnière, événementiel) :
Mix autoconsommation + batterie à étudier au cas par cas. Souvent non rentable sans subvention spécifique.
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Grande toiture mais faible consommation (entrepôt froid, stockage) :
Envisagez la location de toiture à un tiers investisseur. Vous touchez un loyer sans investir.
PME industrielle : forte consommation diurne et machines
C’est le profil idéal pour l’autoconsommation. Vos machines tournent quand le soleil brille. J’ai accompagné Gérard, 52 ans, gérant d’un atelier de menuiserie en Haute-Garonne. Bâtiment de 800 m², facture électrique de 18 000 € par an avec des machines-outils énergivores.
Son premier devis promettait 80 % d’autonomie. Franchement, c’était du rêve. Après un audit détaillé de ses courbes de consommation, nous avons dimensionné une installation de 36 kWc. Résultat réel : 55 % de taux de couverture. Retour sur investissement en 8 ans au lieu des 6 annoncés initialement. Gérard était déçu au début — mais au moins, il n’a pas eu de mauvaise surprise.
Commerce et artisanat : consommation irrégulière
Ici, ça se complique. Un commerce de détail consomme peu en matinée (éclairage, caisse) et davantage l’après-midi (climatisation, affluence). Le taux d’autoconsommation dépasse rarement 40 % sans ajustements. Pour améliorer la rentabilité de vos panneaux solaires, pensez à programmer vos équipements énergivores (chauffe-eau, recharge véhicule) aux heures de production maximale.
Tertiaire et bureaux : profil classique 9h-18h
Bonne nouvelle : votre profil de consommation colle plutôt bien à la courbe de production solaire. Mauvaise nouvelle : vos besoins sont souvent modestes (éclairage LED, informatique, climatisation raisonnable). Une installation de 20 à 30 kWc suffit généralement pour un plateau de bureaux de 500 m².
Le récapitulatif ci-dessous compare les trois profils types selon la puissance recommandée, le taux de couverture réaliste et l’estimation du retour sur investissement. Ces chiffres sont des moyennes constatées sur mes projets en Occitanie — ils peuvent varier selon l’ensoleillement local et vos usages réels.
| Profil | Puissance conseillée | Taux couverture réaliste | ROI estimé |
|---|---|---|---|
| PME industrielle | 30-100 kWc | 45-60 % | 7-9 ans |
| Commerce / Artisanat | 9-36 kWc | 30-45 % | 8-11 ans |
| Tertiaire / Bureaux | 20-50 kWc | 50-65 % | 8-10 ans |
Aides 2025 : les 3 leviers à activer en priorité
Il existe une dizaine de dispositifs d’aide. Je ne vais pas tous les lister — ce serait vous noyer pour rien. Concentrons-nous sur les trois qui font vraiment la différence pour une PME.

Les 3 dispositifs à activer pour votre projet solaire
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La prime à l’autoconsommation
Versée sur 5 ans, elle dépend de la puissance installée. Les montants sont révisés chaque trimestre par la Commission de Régulation de l’Énergie. Condition non négociable : votre installateur doit être certifié RGE.
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Le tarif de rachat du surplus
Ce que vous ne consommez pas, EDF OA vous l’achète. Le tarif actuel : 95 €/MWh jusqu’à fin juin 2025 selon l’arrêté tarifaire de la CRE. Le contrat d’achat est garanti 20 ans. Attention : la vente en totalité a été supprimée pour les installations ≤ 9 kWc depuis le 28 mars 2025.
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La TVA réduite à 5,5 %
Selon les dispositifs officiels du Ministère de l’Économie, ce nouveau taux s’applique à partir du 1er octobre 2025 pour les installations ≤ 9 kWc. Sur une installation à 20 000 €, ça représente environ 2 800 € d’économie par rapport à la TVA à 20 %.
Bon à savoir : Les aides évoluent chaque trimestre. Les chiffres mentionnés ici datent du premier semestre 2025 — vérifiez les conditions en vigueur au moment de votre demande auprès de votre installateur RGE ou de l’ADEME.
Il existe d’autres dispositifs plus techniques (CEE, aides régionales, prêts verts Bpifrance) mais ils nécessitent un montage spécifique. Appelez votre expert-comptable avant de vous lancer là-dedans — les pièges administratifs sont nombreux.
Du premier contact à la mise en service : délais réels en 2025
Sur les projets professionnels que j’ai accompagnés, comptez 6 à 8 mois entre la première prise de contact et la mise en service effective. Le goulet d’étranglement ? L’autorisation d’urbanisme et surtout le raccordement Enedis, très variable selon la saturation du réseau local.
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Premier contact et analyse besoins -
Visite technique et relevés toiture -
Remise étude personnalisée avec simulation financière -
Validation projet et dépôt dossier mairie -
Obtention autorisation urbanisme (le plus variable) -
Installation (2-5 jours selon puissance) -
Raccordement Enedis et mise en service
L’étape la plus frustrante reste le raccordement. J’ai vu des projets bloqués 4 mois à cause d’un transformateur saturé. D’autres ont été raccordés en 3 semaines. Impossible de prédire à l’avance — demandez à votre installateur son historique récent dans votre zone géographique.
Cas concret : quand le raccordement dérape
J’ai accompagné une entreprise de logistique près de Montauban l’an dernier. Installation de 50 kWc, tout s’est bien passé jusqu’au raccordement. Enedis a découvert que le poste de transformation local était saturé. Résultat : 5 mois d’attente supplémentaires et des travaux de renforcement réseau facturés 8 000 €. Le dirigeant était furieux — et je le comprends. Depuis, je recommande systématiquement de demander une pré-étude de raccordement avant de signer quoi que ce soit.
Si vous cherchez un installateur pour des panneaux photovoltaïques à Toulouse ou dans la région Occitanie, vérifiez sa certification RGE QualiPV et demandez des références de projets similaires au vôtre. Les délais réels sur ses derniers chantiers vous en diront plus que n’importe quelle promesse commerciale.
Vos questions avant de signer
Avant de conclure, voici les interrogations que j’entends le plus souvent en rendez-vous. Ce ne sont pas des questions théoriques — ce sont les vraies inquiétudes des dirigeants que j’accompagne.
Et si mon entreprise déménage dans 5 ans ?
L’installation reste sur le bâtiment. Si vous êtes propriétaire, elle valorise le bien à la revente. Si vous êtes locataire, négociez dès maintenant avec votre bailleur : soit il investit et vous bénéficiez d’un loyer énergétique réduit, soit vous investissez avec une clause de transfert de propriété ou d’indemnisation en cas de départ anticipé.
Qui assure la maintenance sur 25 ans ?
La maintenance courante est minimale : nettoyage annuel, vérification onduleur. Selon le guide économique photovoltaique.info, comptez 5 à 8 €HT par kWc et par an pour un contrat de maintenance préventive sur une installation de 36 à 500 kWc. L’onduleur, lui, devra être remplacé vers la 12e ou 15e année — prévoyez 2 000 à 5 000 € selon la puissance.
Les aides vont-elles diminuer prochainement ?
Historiquement, les tarifs de rachat baissent régulièrement. La CRE ajuste les montants chaque trimestre. Mon conseil : ne tardez pas par calcul spéculatif. Un projet bien dimensionné aujourd’hui reste rentable même avec des aides réduites de 10 à 15 %.
Comment financer sans impacter ma trésorerie ?
Trois options principales : le crédit classique (taux autour de 4-5 % en 2025), le crédit-bail (l’installation appartient au financeur puis vous revient), ou la location de toiture (vous ne payez rien, un tiers investit et vous touchez un loyer). Chaque option a ses implications comptables et fiscales — parlez-en à votre expert-comptable.
Que se passe-t-il si l’installateur fait faillite ?
Vos panneaux continuent de fonctionner — c’est du matériel passif. Les garanties fabricant (25-30 ans sur les panneaux, 10-15 ans sur l’onduleur) restent valides indépendamment de l’installateur. Pour la maintenance, n’importe quel électricien qualifié peut intervenir. Le vrai risque : perdre le suivi SAV et la garantie décennale de pose. Privilégiez les installateurs établis depuis plusieurs années.
La prochaine étape pour vous : Ne signez jamais un devis sans avoir comparé au moins trois propositions et sans avoir exigé une simulation basée sur vos courbes de charge réelles. Les bons installateurs acceptent cette transparence — les autres ont quelque chose à cacher.
Pour approfondir les aspects techniques avant de vous lancer, consultez ce guide d’installation de panneaux photovoltaïques qui détaille chaque étape du processus.
Précisions sur les estimations et aides 2025
- Les délais de rentabilité (7-10 ans) sont des moyennes nationales pouvant varier de 5 à 15 ans selon ensoleillement, orientation et consommation réelle
- Les aides mentionnées (prime autoconsommation, tarifs rachat) évoluent régulièrement — vérifier les conditions en vigueur auprès de l’ADEME
- Chaque projet nécessite une étude de faisabilité technique et financière spécifique auprès d’un installateur certifié RGE QualiPV
